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Raymond Mondon
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Edito
Anne STEMART,
Présidente de l'Institut


Voir grand pour demain

Ma rencontre avec l’historien et passeur de mémoire, Gaëtan Avanzato nous a permis d’évoquer ensemble le parcours de Raymond Mondon, homme de conviction, de courage et d’action, un maire visionnaire dans le développement et la modernisation de Metz de 1947 à 1970, conseiller général et député de Moselle, ministre de Pierre Mendès France et de Georges Pompidou, un homme politique animé par des valeurs de patriotisme et d’ambition pour la Lorraine et la France.

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Raymond Mondon, le Donjon de Metz

22 novembre 2014 : 70e Anniversaire de la Libération de Metz

8 octobre 2014 - Author: admin

Le 7 septembre 1944, les « hussards » préfectoraux quittent Paris, après un exil de quatre ans, avec la vive détermination de porter l’estocade à l’ennemi car il s’agit de participer à la libération de Metz et de la Moselle. Un véritable défi attend les hommes de Rebourset. Celui-ci a rassemblé, autour de lui, des sensibilités très différentes comme Raymond Mondon, Directeur de cabinet, Raymond Marchand, sous-préfet de Metz-Campagne, Alfred Diefenbacher, sous-préfet de Sarrebourg, Henri Bena, sous-préfet de Château-Salins et deux autres anciens condisciples qui viendront étoffer le cabinet, Maurice Angilbert, collaborateur du préfet Bourrat, et Paul Chrétien.

Au sein de l’équipe Rebourset, la personnalité de Mondon s’affirme. Alfred Diefenbacher, futur préfet de la Ve, n’hésite pas à déclarer avec émotion, que son camarade Raymond avait la stature d’un commissaire de la République. Comment ne pas évoquer l’exemple de Michel Debré, nommé, à 32 ans, dans la tourmente de la Libération, commissaire de la République à Angers ? Marqué par les épreuves de la captivité, Raymond Mondon a mûri au contact des responsabilités dans la Résistance. Rien ne le prédisposait à devenir l’éminence grise du nouveau Commissaire chargé de rétablir la situation en Moselle et de préparer son retour dans la France libérée. Il connaissait toutes les affaires sensibles et les travers des notables mosellans. Pour le magistrat en disponibilité, la fin de la lutte armée renforce sa détermination à en découdre avec les collaborateurs.

En arrivant en terre lorraine, Raymond Mondon retrouve Me Morlet et Saint-Mihiel qui vient d’être libérée par les Américains. Il se recueille quelques instants devant le monument aux morts. Les deux Lorrains ont échappé à la meute nazie le 8 juin 1944. Le crépuscule de l’été annonce l’automne de la liberté recouvrée, mais la libération est différée à cause d’une gigantesque panne d’essence entre le 27 août et le 4 septembre 1944. Le général Patton est arrêté devant Metz que les Allemands reprennent. Cette affaire confuse retarde de plusieurs mois l’entrée des alliés dans la ville. Un acteur de cette période, René Caboz, officier de renseignement, a entrepris une enquête passionnante en puisant dans les archives de l’armée américaine des faits inédits afin de reconstituer la grande fresque historique des batailles de la Moselle et de Metz. L’étude de René Caboz s’avère indispensable pour comprendre cette page méconnue de notre histoire.

L’arrêt de l’avance alliée perturbe la mission de l’équipe Rebourset qui doit se replier sur Mars-la-Tour, village lorrain marqué par les combats de 1870 avant de devenir un lieu de pèlerinage sous l’Annexion. Raymond Mondon, envoyé en reconnaissance, revient annoncer le départ des Allemands de Gorze. Dans l’attente de la libération de la Moselle, il s’agit d’installer, à Mars-la-Tour, les services de la préfecture. Un embryon d’administration se met en place du 11 septembre au 10 octobre 1944, avec l’aide de quelques gendarmes qui exercent les fonctions de secrétaire, de dactylographe et de chauffeur. Un modeste pavillon de deux pièces abrite le nouveau préfet, son directeur de cabinet, Mondon, et un secrétaire qui sont chargés d’administrer et de ravitailler 120 000 habitants. Cette administration dérange Patton qui n’hésite pas à le faire savoir ; de sérieuses frictions l’opposeront aux représentants du Général. Personnage haut en couleurs, Patton n’entend pas se laisser impressionner par ceux qu’il appelle « les petits de Gaulle ».

Après cette étape, la progression des forces alliées permet à l’administration préfectorale d’arriver à Hayange, le 10 octobre. Berceau de la dynastie des Wendel, la cité devient le siège de la préfecture de la Moselle. Le Prisunic, magasin désaffecté, est choisi comme préfecture provisoire ; y sont installés quelques bureaux de fortune. L’intendance doit suivre et le temps est le principal adversaire des futurs administrateurs qui ont besoin de l’expérience des fonctionnaires repliés à Montauban. Le premier rappelé est Lucien Pougué, l’homme de confiance qui est chef de division auprès du préfet exilé. L’ordre de route pour Hayange est signé ; trois fonctionnaires, Angilbert, Chaude et Leconte s’apprêtent à transférer les archives. Au bout du voyage, ils entrent dans Hayange, quelque peu nostalgiques, mais heureux de retrouver la Moselle. La préfecture est déserte à cette heure avancée ; mais dans une pièce éclairée au deuxième étage un homme veille. C’est Raymond Mondon, les traits marqués, qui lutte contre le sommeil. À la surprise d’Angilbert, le premier contact est froid. Bien sûr, le chef de cabinet est ému de revoir son ancien condisciple de la faculté de droit, mais il leur reproche le temps perdu en route. Comme il l’affirmera sur un ton ferme, quelques semaines plus tard, à son ami Paul Chrétien : « il faut se mettre au boulot ». Ce trait de caractère situe le personnage.

Robert Sérot, préside depuis 1936 l’assemblée départementale. Ancien ministre de Tardieu, l’homme a commis un faux pas : le 10 juillet 1940, il a voté les pleins pouvoirs à Pétain. Un autre parlementaire, élu depuis 1919, Robert Schuman, représente le particularisme mosellan. Le « député-sacristain » n’enflamme pas les foules mais il séduit par sa grandeur d’âme ceux qui l’approchent. Il s’imposera comme un lotharingien de cœur. Le destin un peu singulier de ce grand Mosellan corrobore l’analyse selon laquelle une parenthèse de l’histoire politique locale se referme. Un ancien d’Afrique et de la campagne d’Italie, où il s’est illustré avec les tirailleurs marocains, le général Dody, passe par Hayange. Enfin un homme dévoué à Dieu et pèlerin de l’espérance, Mgr Heintz, l’évêque de Metz, expulsé au lendemain de la manifestation du 15 août 1940, est rappelé par le préfet Rebourset. Les obus continuent de pleuvoir sur une grande partie de la Moselle encore aux mains des Allemands, retranchés derrière leurs positions et prêts à se battre avec détermination. Malgré cette obstination, les Alliés parviennent à pénétrer dans Metz fortifiée où quelque 2 000 Allemands résistent encore. Le gauleiter Burckel s’est donné la mort dans des circonstances inconnues. C’est la fin d’un cauchemar pour des milliers de Messins ; bien sûr, il faut encore se battre dans le quartier de la préfecture où de violents combats opposent les Américains aux troupes allemandes. Dès le 19 novembre le capitaine de la Vasselais, agent de liaison auprès du commandement américain, s’empresse d’informer le préfet Rebourset de l’entrée des Alliés dans Metz.

Avec un bonheur mêlé de tristesse, Raymond Mondon apprend la nouvelle et prépare les dossiers à emporter. Le 20 novembre vers midi, le préfet Rebourset, Mgr Heintz, l’équipe préfectorale, Jung, secrétaire général, Mondon, Directeur de cabinet et Kurter, secrétaire général pour la police, font leur entrée dans Metz. Parmi les personnalités, le docteur Wolff, membre du comité d’épuration et Bertrand de Maud’huy qui exercera par la suite une grande influence dans les milieux économiques. Le cortège des restaurateurs de la République traverse les cités industrielles et les villages détruits par les bombardements. Le convoi se dirige sur Thionville pour passer sur la rive droite de la Moselle avant d’atteindre le village de Saint-Julien, aux portes de la ville. À la tombée de la nuit du 21 novembre 1944, une centaine de S.S. tiennent encore désespérément pour contenir les assauts de la 95e D.I. commandée par le général Walker.

La joie est difficile à maîtriser pour Mondon et ses compagnons ; la cité libérée retrouve ses enfants. Aux fenêtres apparaissent de nombreux drapeaux tricolores qui saluent la liberté recouvrée. Les Messines sortent de l’obscurité ; des jeunes femmes resplendissantes envahissent les rues et crient leur joie au milieu du triste spectacle qu’offre la cité. Revêtu de son uniforme, coiffé du képi argenté, le préfet Rebourset, dans une attitude altière, est accompagné par Mondon, son Directeur de cabinet, dont la haute silhouette domine les autorités civiles et religieuses. Un homme est absent, c’est Gabriel Hocquard, le courageux maire de Metz. Il revient le 24 novembre avec le sentiment que « le Pouvoir l’a oublié ». Le même jour, un autre avocat de renom, Me Edmond Moppert, assurant la fonction honorifique de maire F.F.I., attend avec impatience dans l’Hôtel de ville désert l’arrivée des corps constitués. Une foule dense se presse place d’Armes. Soudain s’élève de la foule en liesse, une vibrante et poignante Marseillaise qui fige l’assistance et les officiels. Mondon sent « la tripe des Messins » et n’oublie pas qu’il est un enfant du Val de Metz. Les Messins vivent ces moments très intenses, en présence de celui qui va bientôt écrire une grande page d’histoire et s’identifier à leur destin. Songe-t-il à la succession de Gabriel Hocquard ? Raymond Mondon brûle d’envie de faire de la politique. Dans l’immédiat il s’agit de rétablir la légalité républicaine et de faciliter le retour des expulsés ! Il est difficile d’imaginer le triste état dans lequel se trouve la place d’Armes : fenêtres brisées, cadavres de soldats allemands, armes abandonnées. Avant de s’installer à l’Hôtel de ville pour parer au plus pressé et commencer à travailler, le préfet Rebourset et Raymond Mondon déposent une gerbe et se recueillent devant le monument aux morts.

Silencieux, saisi par l’émotion, Mondon vit intensément ces instants de bonheur devant le monument souillé par le drapeau nazi. La première journée se termine. En quittant la mairie, Rebourset et Mondon contemplent la cathédrale, dont l’imposante architecture témoigne de la pérennité de l’âme messine. Il est minuit, la ville s’est endormie. Soudain une voix brise le mur du silence : « Ah que c’est beau » ! Le mercredi 22 novembre 1944 est une date historique ; c’est la libération officielle de Metz et l’installation des autorités civiles et militaires. L’événement n’a pas la résonance des festivités de 1918 et les anciens laissent échapper quelques larmes avec l’espoir d’éveiller la conscience des jeunes générations. Au défilé des maréchaux de la victoire succède celui des aventuriers de l’ombre. À 9 h 30, le général Walker, commandant le XXe corps U.S. et le général Dody, futur gouverneur de Metz, font une entrée triomphale sous les applaudissements d’une population qui ne sait comment exprimer sa gratitude à ses libérateurs. Au cours de cette prise d’armes historique, Walker remet officiellement la ville de Metz au préfet Rebourset ; ce geste symbolique atténue le triste souvenir de la remise des clefs de la ville, en 1940, par Me Forêt aux autorités allemandes. Raymond Mondon n’oubliera jamais cet instant de communion totale avec les Messins. Quelques années après, élu maire, il écrira à ses administrés : « Le maire de la cité se souvient avec émotion de cette journée de novembre, où il avait la grande joie, comme chef de cabinet du premier préfet de la Libération, de retrouver ses compatriotes. Malgré plus de deux mois de siège, malgré les privations et les ruines, Metz qui avait, avec ténacité, maintenu l’idée française, et qui, avec des F.F.I. et la Résistance, avait vaillamment combattu, accueillit avec enthousiasme ses libérateurs français et américains ».

Extrait du livre de Gaëtan Avanzato, Raymond Mondon, le donjon de Metz, Editions des Paraiges, 2011.

Décès de Philippe Dechartre, Membre fondateur de l’IRM

10 avril 2014 - Author: admin

Philippe Dechartre, résistant, homme politique français et « Gaulliste social », franc-maçon, président fondateur en 2001 du Mouvement « Club Nouveau Siècle » associé à l’UMP, est mort lundi 07 avril 2014 à Paris à l’âge de 95 ans. Il est parti rejoindre un autre gaulliste historique, Jean Charbonnel, gaulliste social comme lui et tous les deux membres fondateurs de l’Institut Raymond Mondon.

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L'ombre de Raymond Mondon plane toujours sur la ville qu'il administra de 1947 à 1970...
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